Chantiers de fouilles

CHARMÉ ET FOUQUEURE


SUR LES TRACES DES MONUMENTS NÉOLITHIQUES* DU RUFFÉCOIS

Le nord de la Charente concentre un patrimoine néolithique composé de monuments exceptionnels comme les dolmens de la Grosse et de la Petite Pérotte à Fontenille ou le mégalithe de la Boixe. 

Le Musée d’Angoulême présente, dans son département « archéologie régionale », des reconstitutions d’ensembles mégalithiques.

Consulter les reconstitutions d’ensemble mégalithique.

A partir de 2013, l’archéologue Vincent Ard entreprend des recherches** sur les sites de Chenommet, Chenon et Fontenille, avec pour objectifs de comprendre les dynamiques d’occupation du territoire, la vie quotidienne et les pratiques funéraires et symboliques des communautés néolithiques aux Ve et IVe millénaires avant notre ère.

Depuis 2016, Vincent Ard coordonne le projet de recherche « Monumentalismes et territoires au Néolithique entre Loire et Charente. Formes et environnements des mégalithes et des enceintes ». Ce projet collectif investit une aire plus vaste, définie autour de 3 secteurs : le Ruffécois (16), le Loudunais (86), le Thouarsais (79) et le Mellois (79). Un des objectifs est de confronter le monde des vivants et le monde des morts, en s’attachant à utiliser les outils technologiques les plus récents : restitution 3D, survol en drone ou encore prospection géophysique. 

Les fouilles ont permis de mettre au jour de nombreux témoins des communautés néolithiques, aussi bien du monde des vivants (village ceinturé de fossé ou non, sites d’exploitation du silex) que du monde des morts (tombes mégalithiques, grottes sépulcrales, sépultures en pleine terre…). L'étude de la céramique (forme, décor) permet de mieux connaître les modes de vie et constitue un excellent moyen de datation par comparaison avec d’autres sites connus. L’étude concernant les origines des matières premières employées pour les outils et les parures, facilite la compréhension des réseaux d’échange. L'étude des tombes renseigne sur les modes d'inhumation et les objets découverts auprès des corps permettent de connaître la vie quotidienne.

*Le Néolithique est une période située à la fin de la Préhistoire, qui trouve ses origines au Proche Orient vers 10 000 av. J.-C., dans le croissant fertile de la Mésopotamie, dont le climat est alors plus favorable qu'en Europe occidentale. En France, la période s’étend de  6000 à 2000 ans av. J.-C. Le Néolithique marque le passage d’une économie de chasseurs-cueilleurs à une économie de production, grâce aux débuts de l'agriculture et de l’élevage. L’Homme se sédentarise et se rassemble dans de petits villages, ceinturés de fossés ou non.

** « Le Nord Charente au néolithique moyen et récent : enceintes fossoyées, sépultures mégalithiques et territoires », Programme Collectif de Recherche 2013-2015.

SITE EN IMAGE


RECONSTITUTION 3D

Le Pays du Ruffécois, en partenariat avec la Direction Régionale des Affaires culturelles, et avec le soutien du Département de la Charente, a initié un programme de valorisation de son patrimoine néolithique. Plusieurs sites présentant des mégalithes ont été aménagés, un livret « découverte » à l’attention du jeune public a été édité et un programme d’animation est proposé chaque été.

A partir des résultats des fouilles menées par Vincent Ard et son équipe, deux reconstitutions en 3D, complétées par une visite virtuelle, du tumulus de la Petite Pérotte et de la Motte de la Jacquille à Fontenille ont été réalisée par Archéotransfert (Université de Bordeaux-CNRS).

Vidéo : Motte de la Jacquille - Fontenille

Vidéo : Tumulus de la Petite Pérotte - Fontenille

ACTUALITÉ DE LA RECHERCHE


PROBLÉMATIQUES 

A Charmé, l’archéologue Vincent Ard et son équipe mènent une étude, unique à l’échelle régionale, sur un village du néolithique partiellement enseveli dans un ancien marais. La double mission consiste à étudier le système de protection du village (fossés et palissades) et à découvrir les témoignages des activités quotidiennes de ces communautés paysannes. Les précédentes recherches ont déjà révélé les empreintes de quatre maisons en bois datées de plus de 6 000 ans. 

Le monument mégalithique, composé d’un tumulus englobant deux tombes à couloir, a déjà été exploré en 1880 par des membres de la Société archéologique de la Charente. A cette occasion, de nombreux ossements humains ont été trouvés, ainsi que des outils en silex et des vases entiers.

L’opération 2017 a eu pour objectif de dégager les piliers des deux chambres funéraires de façon à réaliser une étude architecturale complète du monument.

VOS RENDEZ-VOUS

Visites des chantiers de fouilles 
Découverte de l'habitat des premiers agriculteurs éleveurs du néolithiques. 

FOUQUEURE
Le vendredi 2 août
Les jeudis 8 et 15 août
A 17h

CHARME
Les mercredis 7, 14 et 21 août
A 17h

TUSSON
Les samedis 17 et 24 août
A 17h

Visites guidées sur réservation
05 45 20 39 91

NANTEUIL-EN-VALLEE


LES TRÉSORS DE L’ABBAYE

L’abbaye bénédictine de Nanteuil-en-Vallée, dédiée à Saint-Benoît et à Notre-Dame, est située au nord de la Charente. Elle se compose de bâtiments monastiques partiellement conservés, classés au titre de Monuments Historiques. Il s’agit notamment d’un bâtiment carré, appelé « Trésor », de « grands greniers », qui servaient d'hôtellerie, à l'intérieur desquels sont peints des blasons appartenant à des grandes familles aristocratiques régionales.

En 2011, les vestiges de l’église abbatiale, le cloître et ses ailes conventuelles restent en attente d’une mesure de protection. Cette perspective accompagnée d’un projet de valorisation offrent des conditions très favorables à la réalisation de fouilles programmées sur le thème des  Établissements religieux et nécropoles depuis la fin de l’Antiquité : origine, évolution, fonctions. La réalisation des fouilles est alors confiée, par la commune de Nanteuil-en-Vallée, à l’agence Hadès*. 

Les investigations ont permis d’affiner les étapes d’occupation et les dates de construction de l’abbaye, notamment de l’église et du « trésor ». Des objets datés de l'Antiquité (Ier et IIe siècles) laissent supposer une occupation, soit au même emplacement, soit à proximité. Un premier édifice nommé cella, fondé à l'époque carolingienne en l’honneur de Saint-Benoit, est mentionné dans un acte royal émis en 958 par Charles le Chauve, fils de Charlemagne. Ensuite, la construction de l’abbaye est réalisée entre le milieu du XIe et le début du XIIe siècle. Le bâtiment de forme carrée, dénommé « trésor », est construit à la fin du XIIe siècle. Le niveau inférieur de ce lieu de culte est semi enterré et très faiblement ajouré, s’apparentant ainsi à une crypte. Les comparaisons la rapprocherait peut être de la chapelle du Saint Esprit de Roncevaux, appelée aussi Silo de Charlemagne. 

*Fondée en 1994, Hadès est un bureau d’investigation réalise des missions d’expertises, d’études, de valorisation et de fouilles sur les sites, les monuments et les objets archéologiques des périodes allant de la protohistoire à nos jours. Les équipes, réparties en quatre agences, représentent un effectif permanent d’une soixantaine de personnes qui interviennent de l’Atlantique à la Méditerranée et des Pyrénées jusqu’au nord du Massif Central, plus ponctuellement aux Antilles et à l’étranger…

ACTUALITÉ DE LA RECHERCHE

 

L’archéologue Patrick Bouvart et son équipe, ont pour mission d’étudier le réseau hydraulique traversant le cloître de l’abbaye de Nanteuil-en-Vallée. 

Des vestiges ont été repérés lors d’une prospection géophysique**. Il s’agit donc de les dégager afin de mieux appréhender la gestion de l’eau sur ce site. De nouvelles données sont également attendues concernant les constructions antiques autour des bâtiments du monastère carolingien***.

** La prospection géophysique consiste à sonder le sous-sol à l’aide d’appareils électriques dans le but d’identifier la présence de vestiges archéologiques. 

*** La dynastie carolingienne règne sur l’Europe occidentale des années 750 jusqu’à la fin du Xe siècle. Les rois les plus célèbres sont Pépin le Bref et Charlemagne.

SITE EN IMAGE

Le Département de la Charente a sollicité des auteurs de bande dessinée charentais pour illustrer, par la réalisation d’une planche de BD, les sites patrimoniaux et culturels du territoire. 

Jean-Luc Loyer a été retenu pour illustrer l’abbaye de Nanteuil-en-Vallée. Cet auteur de BD a suivi des études à l'École des Beaux-Arts d’Angoulême. Après quelques années passées à travailler dans le dessin animé (studio IDDH avec les Tortues Ninjas et Lucky Luke, puis Octopussy), il décide finalement de se spécialiser dans la bande dessinée. En 1999, le 2e tome de « Victor » reçoit le Prix Jeune Public au festival BD Boum de Blois et en 2014, il obtient le Prix Littéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne pour « Sang noir ».

« Nanteuil-en-Vallée est comme un décor de théâtre prestigieux, endroit où l’histoire de France y est inscrite. J’ai voulu faire apparaître dans cette courte planche de bande dessinée les éléments qui rendent magique l’endroit. L’intérieur de l’abbaye de Notre- Dame de Nanteuil, les rues du village, la salle du trésor, l’hostellerie… Montrer que l’histoire d’un endroit ne se termine pas au moment où on le visite, qu’il ne s’y passe plus rien une fois que l’on est reparti. Au contraire ! Sa magie continue de s’étendre au gré des acteurs qui vont y faire leurs apparitions. De ce fait, une histoire d’amour naissante s’imposait, dans toute sa symbolique de renouveau, d’envies, d’espoir et de futur. L’histoire s’y est jouée, et s’y joue encore…». Jean-Luc Loyer.

- Paizay-Naudouin-Embourie : Espace de découverte de villa gallo-romaine des Châteliers, par Isabelle Dethan ;

- Saint-Amant-de-Boixe : Espace d’Architecture Romane et abbaye, par Turf ;

- Aubeterre-sur-Dronne : Eglise souterraine Saint-Jean, par Nathalie Ferlut.

AUTRES SITES EN BD

- Vilhonneur : site préhistorique du Placard, par Eric Lebrun ;

- Chassenon : Parc archéologique de Cassinomagus, par Cécile Chicault ;

- Paizay-Naudouin-Embourie : Espace de découverte de villa gallo-romaine des Châteliers, par Isabelle Dethan ;

- Saint-Amant-de-Boixe : Espace d’Architecture Romane et abbaye, par Turf ;

- Aubeterre-sur-Dronne : Eglise souterraine Saint-Jean, par Nathalie Ferlut.